Un changement nécessaire en phase avec l’évolution de la société.
En autorisant une ouverture prolongée des magasins, cette loi va favoriser l’économie locale et faciliter la vie des Genevois. Les petits commerces bénéficieront de davantage de souplesse.
Comment faire quand on travaille jusqu’à 19 heures et que les magasins ferment leurs portes à
La même heure? Suffit-il de courir ? De s’organiser et d’anticiper ? Non, il existe d’autres solutions. « Les courses oui, mais pas la course ! » résume très bien l’affiche des Libéraux genevois qui soutiennent avec vigueur la loi sur les heures d’ouverture des magasins (LHOM).
Les horaires des commerces suscitent la controverse pour la simple raison qu’ils traduisent de manière très concrète un choix de vie et donc de société. D’un côté, les milieux économiques et l’entente souhaitent repousser l’heure de fermeture afin d’offrir plus de liberté aux citoyens, tout en boostant l’économie locale. De l’autre, les syndicats s’inquiètent d’une dégradation des conditions de travail et d’un affaiblissement des droits du personnel de la vente.
Alors, cette loi cantonale sur les horaires de fermeture des magasins, que propose-t-elle exactement ? Votée le 17 juin 2010 par le Grand Conseil, elle harmonisera les heures de fermetures à 20 heures la semaine et à 19 heures le samedi. En sus, elle permettra d’adapter le droit cantonal à la législation fédérale en autorisant une ouverture quatre dimanches par an, avec des dérogations facilitées en cas d’événements touristiques ou commerciaux. Au final, cette loi ne peut que favoriser la liberté de commerce. Elle représente un changement nécessaire pour rester en phase avec l’évolution de notre société.
Les commerçants s’engagent
Face à l’opposition émanant de certains groupes d’employés et de leurs syndicats, les libéraux genevois répondent tout simplement qu’il est possible d’élargir les temps d’ouverture des magasins sans pour autant pénaliser le personnel. En ce sens, précisons que le texte soumis au peuple respecte pleinement les droits des salariés. Si quelques adaptations devront être consenties en termes d’organisation, le temps hebdomadaire de travail restera identique, explique-t-elle. Il sera toujours de quarante-deux heures au maximum, sur cinq jours. Les employés ne vont pas travailler plus. Genève est le seul canton qui dispose d’une législation sociale avancée qui les protège totalement. Par ailleurs, alors que nous sommes toujours dans une conjoncture économique difficile, cette loi encouragera l’économie locale et contribuera à la création de 300 emplois. La controverse qui se joue sur la question des horaires semble déplacée à l’heure où des milliers d’emplois sont encore menacés.
À relever que les commerçants s’engagent notamment à conserver la semaine de travail de cinq jours, à supprimer la nocturne du jeudi soir, à limiter le travail dominical à trois jours par an (réservés aux seuls volontaires, payés 200%), ainsi qu’à communiquer les plannings deux semaines à l’avance, à protéger les acquis sociaux et à favoriser le personnel avec enfants.
Contrairement à ce que laissent entendre les syndicats, la nouvelle loi ne péjore en rien la situation des petits commerces. Au contraire. elle donne un cadre légal pour que ceux-ci puissent se défendre "à armes légales" contre les grandes surfaces puisqu’elle permet davantage de souplesse, par rapport aux dépanneurs qui font tout et n’importe quoi!
Une loi pour faciliter la vie
Au quotidien, que ce soit au centre ville ou dans les centres commerciaux du canton, l’ouverture prolongée des magasins va faciliter la vie des citoyens actifs. Notre manière de vivre et de travailler évolue. Un nombre toujours plus grand de personnes actives à Genève – soit 20% – terminent leur journée professionnelle après 19 heures. Un sondage effectué en 2009 a démontré que 70% des 30 à 50 ans désirent une ouverture des magasins jusqu’à 20 heures. À Zurich, où les commerces sont ouverts en soirée, une récente étude prouve que les principaux bénéficiaires de ces horaires sont les femmes en emploi. Cette ouverture jusqu’à 20 heures correspond aussi à une harmonisation des horaires (il y a quatre fermetures différentes aujourd’hui !) et permet de faire face à la concurrence voisine, canton de Vaud et France. » Une France voisine encore très courue des Genevois malgré l’euro, où les horaires plus tardifs sont effectivement propres à attirer nombre de consommateurs qui n’ont, pour le moment, pas d’autres choix pour faire leurs emplettes.
Fabienne Gautier, Députée au Grand Conseil et commerçante

