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Les vrais enseignements de la campagne

Un texte du Président Cyril Aellen, à lire impérativement en parallèle avec celui rédigé par Monsieur le Conseiller administratif, Pierre Maudet (ci-dessous)

 

Les vrais enseignements de campagne - le triomphe mod…

Par Cyril Aellen, Président 

Au terme d’une campagne sans suspens et animée par les seules divisions de la droite, la majorité de gauche rempile pour quatre ans à l’Exécutif de la Ville de Genève malgré la méfiance toujours plus grande des votants. A toutes les personnes qui nous ont néanmoins soutenues, je dis un immense MERCI.

BRAVO à la gauche pour cette union sans précédent qui s’est déroulée non seulement au cours de ces 5 dernières semaines, mais également durant toute la campagne municipale. Elle n’a jamais montré de division, dans toutes les circonstances de campagne (débats, prises de position publiques, conférences, etc.) et, franchement, j’aurais apprécié que la droite en fasse de même.

DOMMAGE ensuite que la participation ait été si faible (34,16 %). Une fois de plus, j’ai le sentiment qu’un certain nombre d’électeurs n’ont pas voté et qu’une large frange de la population, notamment de droite et résidente en Ville depuis toujours, n’a pas retrouvé facilement le chemin des urnes. J’y reviendrai sous peu.

Alors que la gauche partait mathématiquement victorieuse, en raison d’une alliance certes disparate mais large, elle n’avait ainsi pas à élargir sa base électorale et se retrouve dès lors inévitablement très bien élue. Elle démontrait ainsi qu’en politique tout est une question d’alliance. Les chiffres sont riches d’enseignement et leur analyse détaillée permet de faire émerger quelques messages d’emprunt d’une grande CLARTÉ ! (voir ci-dessous)

Au-delà de cette analyse chiffrée, la question des voix réalisées à l’interne demeure entière. A l’évidence, la gauche n’a même pas eu besoin de faire le plein de la mobilisation. Nul doute que la recette simple d’un fond rose, d’une goutte de rouge et d’un zeste vert qui prévaut depuis le début de la campagne a aidé. Jamais la gauche n’a dû, dans la rue, commencer son approche des électeurs par une explication ampoulée sur ses mésententes et autres divisions incompréhensibles….

A cet égard, la démonstration est faite qu’une alliance, large, désinhibée de ses divergences et fondée uniquement sur une approche politique de conquête se révèle assurément victorieuse pour ses auteurs, et sans la moindre chance de victoire pour ses adversaires. Dans ce contexte, certains diraient que le mariage c’est pour la vie. C’est clair, net et précis. Et d’autres communes l’attestent, à l’enseigne, hélas, de Carouge.

A contrario, il faut retenir que le fait de maintenir une Entente affaiblie, même et surtout par vents contraires, se révèle un échec auprès de l’électorat.

Et une union large constitue la seule base solide pour commencer sérieusement le travail de recomposition de la droite à Genève. Nos divergences doivent nous stimuler et nous rassembler. Pas l’inverse !

La première étape sera celle du PLR et de son identité propre qui, depuis longtemps déjà, mobilise notre énergie. La seconde sera celle d’une large plate-forme de droite qui a besoin d’organisation et de contenu. Il n’y aura alors pas besoin d’un cercle plus large puisque tous les partis prêts à discuter d’objectifs de fonds communs auront été inclus, dans le respect des formes.

Tout cela doit se faire dans l’humilité vu les revers cuisants encaissés par la droite lors de ces élections, mais sans amnésie ni mépris pour nos partenaires, après une réelle prise de conscience qui ne sera pas facile pour tous, gageons le.

Quant à notre élu au Conseil administratif, nous nous réjouissons qu’il se remette au travail sans délai car la vie municipale n’attend pas et ses quatre collègues ne lui laisseront sans doute pas beaucoup de répit. Ils n’ont même pas changé de paillasson. Mais à cela, je le sais, il est habitué.


La vraie analyse des chiffres

Une fine analyse des chiffres nous permet de tirer plusieurs enseignements de campagne, qui ne manquent pas d’intérêts.

D’abord le fait qu’une seule personne de droite atteint le quorum (33,3 % = 13092 voix). Seul un candidat du PLR, Pierre MAUDET (que je félicite au passage !) le dépasse en parvenant à réunir 15'440 voix. Suivent ses deux colistiers, largement distancés (6108 voix d’écart avec Michel CHEVROLET, 2ème viennent ensuite, soit 39,17 % d’écart). La droite est décidemment la plus bête du monde, elle ne sait pas voter compact et fait émerger clairement une gauche unie. C’est confirmé.

Enfin, on constate que le seul élu de droite n’a que 38,71 % des voix. Eh oui ! Contrairement à ce que disent encore les médias et le candidat de droite élu, c’est moins bien qu’il y a quatre ans (17611 voix et 41,67 %) dès lors que son score (15440 voix) se porte désormais à 38,71 %, soit, un peu au-dessus de la barre fatidique qui entraîne un éventuel 2ème tour. D’ailleurs, il n’y aura nulle part un 2ème tour dans le canton.

Quant au score personnel de l’élu PLR, son étude fine nous révèle un nombre de biffage extrêmement bas (186 au total), à l’inverse de la candidate PLR et du candidat PDC qui ont été biffés par les électeurs respectivement 1413 fois (12,3 %) et 1489 fois (15,9 %). Cela doit nous amener logiquement à conclure que le PDC et les libéraux sont in casu, dans les urnes, plus attachés à l’Entente que les radicaux. Il n’est pas inutile de le souligner au moment où un certain radical se pique de se décrire comme le seul PLR capable de le réunir.

S’agissant des voix extérieures (hors bulletins compacts et modifiés des listes PLR et apparentées) le candidat radical réalise une performance à son image puisque ce ne sont pas moins de 3486 suffrages qu’il va cueillir sur les bulletins « sans nom de liste », soit 80 %. La candidate libérale réalise quant à elle et sur ce point un score tout à fait honorable puisqu’elle se situe au niveau des quatre candidats de gauche victorieux.

Le candidat radical doit son élection tant aux voix à sa droite, soit celles de l’UDC et du MCG (767) qu’aux voix de gauche (2161). Il rassemble au-delà de son camp, mais il est trois fois plus soutenu par ses adversaires que par ses partenaires, hors Entente du Conseil Municipal. Sur ce point précis, il convient de souligner que si l’apport de gauche est juste impressionnant, il n’en demeure pas moins que le quorum de 33 % est atteint sans cet apport. Dans cette hypothèse, les voix de l’UDC et du MCG lui sont alors nécessaire pour être élu. A toutes fins utiles, pour ceux qui souhaiteraient soutenir qu’une élection sur la seule base de l’Entente permet de reconquérir la majorité.

En résumé, je félicite Monsieur Pierre MAUDET pour sa brillante élection, quand bien même il est inquiétant de savoir qu’il n’aurait pas été élu sur la base des seules voix de l’Entente. Il aurait néanmoins pu être élu sur la seule base des voix de la droite. Une chose est certaine de surcroît, même si l’Entente était capable de présenter trois candidats susceptibles d’égaler le score du candidat radical, à défaut d’union plus large, les quatre premières places auraient toujours été trustées par les quatre élus de gauche et seul le candidat de droite le plus âgé aurait été élu ! Pour moi, l’explication est là.



Enseignements de campagne – A vaincre sans péril…

Par Pierre Maudet, Conseiller administratif

Au terme d'une campagne haletante et extraordinairement difficile, je rempile au premier tour pour quatre ans à l'Exécutif de la Ville de Genève grâce à la confiance de plus de 39% des votants. A toutes ces personnes qui m'ont soutenu et promu, je dis un immense MERCI!

MERCI pour la mobilisation sans précédent qui s’est déroulée autour de moi ces cinq dernières semaines. Jamais je n’ai été seul ou isolé, dans toutes les circonstances de campagne (marchés, entrées de postes et centre commerciaux, débats, conférences, etc.). Et franchement, j’ai apprécié !

DOMMAGE ensuite que la participation ait été si faible (34,16%). Une fois de plus, j’ai le sentiment qu’un certain nombre d’électeurs ont voté avec leurs pieds et qu’une large frange de la population, notamment étrangère résidente depuis plus de huit ans, n’a pas trouvé facilement le chemin des urnes. J’y reviendrai sous peu.

Alors que je partais mathématiquement battu, en raison de l’alliance des Libéraux avec l’UDC, qui élargissait leur base électorale à mon détriment, je me retrouve très bien élu, démontrant ainsi que la mathématique ne fait pas tout en politique. Les chiffres sont riches d’enseignement et leur analyse détaillée permet de faire émerger quelques messages emprunts d’une grande CLARTÉ ? (voir ci-dessous)

Au-delà de cette analyse chiffrée, la question des voix réalisées à l’interne demeure entière. A l’évidence, la droite n’a pas fait le plein de la mobilisation. Nul doute que la cuisine interne compliquée et tortueuse qui a présidé au démarrage de la campagne n’a pas aidé. Combien de fois ai-je dû, dans la rue, commencer mon approche des électeurs par une explication ampoulée sur les alliances et autres « arrangements » incompréhensibles…
A cet égard, la démonstration est faite qu’une alliance hasardeuse, asymétrique et fondée uniquement sur une approche tacticienne voire opportuniste se révèle vite désastreuse pour ses auteurs, et dans une moindre mesure pour les alliés de ses auteurs. Dans ce contexte, certains diraient que le PaCS de circonstance est infécond. C’est clair, net et précis. Et d’autres communes l’attestent, à l’enseigne, hélas, de Carouge.
A contrario, je retiens que le fait de tenir un cap, même et surtout par vents contraires, se révèle payant auprès de l’électorat. Et cela constitue la seule base solide pour commencer sérieusement le travail de recomposition de la droite à Genève. L’adversité doit nous rassembler et nous stimuler. Pas l’inverse !

La première étape sera celle du PLR et de son identité propre, qui va mobiliser maintenant mon énergie. La deuxième sera celle de l’Entente, qui a grand besoin de rééquilibrage et de contenu. Et la troisième sera celle d’un cercle plus large, incluant les partis prêts à discuter d’objectifs de fond communs, dans le respect des formes.
Tout cela doit se faire dans l’humilité, vu les revers cuisants encaissés par la droite lors de ces élections, mais sans amnésie ni précipitation, après un intense examen de conscience qui ne sera pas facile pour tous, gageons-le.

Quant à moi, je me remets de ce pas au travail, car la vie municipale n’attend pas et mes quatre nouveaux collègues ne me laisseront sans doute pas beaucoup de répit. Mais là, je suis habitué.

Analyse des chiffres
Une fine analyse des chiffres nous permet de tirer plusieurs enseignements de campagne, qui ne manquent pas d’intérêt. D’abord le fait que personne n’atteint la majorité absolue (50% = 19’638 voix). Pas même Sami Kanaan (que je félicite au passage !) qui la tutoie sans y parvenir avec 19’514 voix. Suivent ses trois colistiers dans un mouchoir de poche (532 voix d’écart avec Rémy Pagani, 4ème élu, soit moins de 1,4% d’écart). La gauche vote décidément compact, sans faire émerger clairement une personnalité au-dessus des autres. C’est confirmé.
Ensuite, on constate que les cinq élus ont tous entre 39% et 49% des voix. Eh oui ! Contrairement à ce que disent encore les médias ce matin, je ne flirte pas le moins du monde avec le quorum des 33,3%, dès lors que mon score (15’440 voix) me porte à 39.3%, soit largement au-dessus de la barre fatidique qui entraîne un éventuel deuxième tour. D’ailleurs, il n’y aura nulle part un deuxième tour dans le Canton.
Quant à mon score personnel, son étude fine nous révèle un nombre de biffage extrêmement bas (186 au total), ce qui m’amène logiquement à conclure que le PLR est très uni derrière moi. Pas inutile de le souligner au moment où certains se piquent de le décrire comme très divisé.
S’agissant des voix extérieures (hors bulletins compacts et modifiés des listes PLR et apparentées), je réalise une performance assez folle puisque ce ne sont pas moins de 3’486 suffrages que je vais cueillir sur les bulletins « sans nom de liste », soit 80%. En d’autres termes, 4 bulletins « sans nom de liste » sur 5 incluent mon nom ! Près du double du meilleur suivant, Sami Kanaan (1’775 voix « sans nom de liste »).
Je vais aussi glaner des voix à ma droite (767 à l’UDC et au MCG) et à ma gauche (2’161). Là aussi je remercie toutes celles et tous ceux qui, au-delà de leur appartenance partisane, m’ont témoigné leur confiance. Sur ce point précis, je souligne que si l’apport de gauche me concernant est juste impressionnant, il n’en demeure pas moins que j’atteins le quorum des 33% sans cet apport. A toutes fins utiles pour ceux qui souhaiteraient attribuer mon élection à la seule gauche municipale…
En résumé, sur les voix extérieures, j’explose le compteur avec 2’928 voix prises dans d’autres partis que ceux de mon camp (PLR et PDC) et 3’486 voix « sans nom de liste », là où la moyenne des autres candidats (notamment de gauche) est de 400 voix prises dans les autres camps et 1’700 voix sur les « sans nom de liste ». J’en suis simplement soufflé. Et je me félicite d’avoir été aussi présent sur le terrain durant quatre ans comme magistrat municipal, car pour moi l’explication est là.




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