La Conseillère d’Etat libérale fait le bilan des différentes opérations policières qui ont été menées pendant l’été. Isabel Rochat se dit "satisfaite" mais entend mener à bien la réorganisation de la police.
C’était le premier jour de l’automne. Le 21 septembre dernier, Isabel Rochat cheffe du Département de la sécurité et de la police (DSPE), a présenté à la presse les résultats de l’opération Figaro ainsi que des actions anti-bonneteau menées cet été. Premier point positif: "Figaro a permis de faire diminuer l’attractivité du territoire genevois ", analyse la cheffe de la police, Monica Bonfanti. Un premier bilan positif avait déjà été présenté début juin. Les derniers chiffres, qui couvrent une période allant jusqu’au 31 août, montrent que la police est parvenue à freiner l’explosion de la petite criminalité de rue. Par rapport à 2009, le nombre de vols a ainsi baissé de 5% en Ville de Genève et de 12% dans les communes.

Le nombre d’ordonnances de condamnations pour des délits commis pour la première fois a été multiplié par quatre, signe qu’il ne s’agit pas d’une délinquance implantée.
Au total, 2071 gendarmes et policiers ont été affecté à Figaro, sans générer d’heures supplémentaires. Mais, faute de moyens, la police ne peut pas faire face au report de la criminalité au milieu de la nuit aux Pâquis, a indiqué son chef d’état-major, François Schmutz. "Une augmentation des effectifs est prévue au budget 2011", a rappelé la conseillère d’Etat libérale Isabel Rochat.
Pendant l’été, l’accent a aussi été mis sur la lutte contre le jeu du bonneteau avec des campagnes de prévention. Rappelons que le Parti libéral lui-même a distribué à plusieurs reprises des mises en garde (en français et en anglais) aux Genevois et aux touristes contre cette arnaque.
"La police ne dysfonctionne pas"
Pour Isabel Rochat, l’opération Figaro ne doit pas "prétériter le long terme", à savoir la réorganisation de la police. Un groupe de travail, présidé par la magistrate libérale, a été mis sur pied. Aux côtés de Mme Bonfanti et de M. Schmutz figurent l’ancien conseiller d’Etat bernois Mario Annoni, auteur d’un rapport sur la police genevoise, l’ex-procureur général de Neuchâtel Thierry Béguin, le professeur de droit pénal zurichois Martin Killias et le juge d’instruction genevois libéral Dario Zanni. Un rapport final est attendu pour juin 2011.
La Conseillère d’Etat le sait: le terme "réorganisation" fait peur. "Il suggère des dysfonctionnements du passé. L’innovation est quelque chose de déstabilisant en soi. La police genevoise ne dysfonctionne pas. Mais nous devons lui donner les moyens de faire son travail. La police arrive au bout d’un système, une réforme est nécessaire. Il en va de notre responsabilité vis-à-vis de la police et de la population."

