L’Assemblée Constituante a débattu, lors de sa séance plénière du mardi 16 novembre 2010, de deux sujets d’importance : les médias et l’action humanitaire, à propos desquels les partis de Gauche et de Droite étaient relativement divisés.
Il était, de fait, tentant de plébisciter les thèses consacrées à la promotion des médias et à la diversité de la presse. Néanmoins, le groupe « Libéraux & Indépendants », justement parce qu’il est attaché à la liberté d’expression et à la diversité de la presse, avait appelé au rejet de ces propositions de la Commission 5, qui ouvraient la porte à un soutien financier des médias par l’Etat. Or si la presse dépend de l’Etat pour vivre, elle n’est alors plus en mesure de jouer son rôle essentiel de contre-pouvoir. Le soutien financier par l’Etat de la presse est donc un risque majeur pour la liberté de cette presse et sa diversité s’en trouverait entravée. Au terme des votes, l’Assemblée a approuvé une thèse amendée par les Radicaux instaurant sans le garantir un soutien de l’Etat aux médias. Malgré cette nuance, il faut regretter ce vote pour les raisons invoquées ci-dessus.
Concernant l’action humanitaire, le groupe « Libéraux & Indépendants », soucieux de promouvoir les engagements de l’Etat envers l’action humanitaire et l’aide au développement, a soutenu une thèse de la Commission allant dans ce sens, tout en soutenant également un amendement du Parti Radical qui excluait du libellé de cette thèse une allusion au commerce équitable. Cet amendement a été approuvé par l’Assemblée et ce vote est à saluer, d’abord parce que le terme de « commerce équitable » est une particularité dans la définition générale de l’aide au développement et qu’il ne convenait pas ici d’en donner une liste exhaustive, et ensuite parce qu’il ne faut pas oublier que sous prétexte du « commerce équitable », des désastres écologiques majeurs ont eu lieu –en Afrique notamment, et l’on se souviendra de l’affaire des roses kenyanes– ce qui démontre que chaque projet doit être étudié pour ce qu’il est, mais qu’il serait faux d’apporter un soutien sans distinction à ce type d’activité.
Dans ce même chapitre, le groupe « Libéraux & Indépendants » se réjouit d’avoir fait approuver un amendement qu’il avait déposé, afin que soit employé la terminologie de « droits de l’Homme » à la place de « droit des personnes humaines ». Il convient de rappeler que cette notion de « droits de l’Homme » est directement tirée de la déclaration universelle des Droits de l’Homme et du citoyen, avec un grand « H », et qu’il est regrettable que certains en soient arrivés à ne plus oser appeler par son nom notre héritage des lumières, dont nous pouvons être le plus fier. Il était important de réaffirmer clairement notre attachement aux droits de l’Homme dans toute l’acceptation du terme, plutôt que de se cacher derrière des néologismes et un vocabulaire épicène que quelques féministes attardées continuent à chercher à imposer en Suisse Romande.

